Toujours souriante, Barbara Kanam Mutond est une œuvre d’art, que le bon Dieu n’a pas sculptée à la hâte. Le créateur a, en effet, pris tout le temps nécessaire pour la ciseler, la limer et, enfin, la peindre, avant de livrer ce chef-d’œuvre aux regards des descendants d’Eve. Pour les uns et les autres, elle est un cadeau agréable de Dieu pour illuminer la musique congolaise dans le monde.
C’est dans la ville de Bukavu, dans la province du Nord-Kivu, que naquit Barbara Kanam, qui va grandir, plus tard, au Katanga avant de quitter le pays pour Abidjan, en Côte d’Ivoire, où elle a entamé sa carrière musicale.
Issue d’une famille de 12 enfants, la chanteuse congolaise s’est résolument engagée avec tout son corps et toute son âme dans l’art d’Orphée vers les années 2000, après ses études de comptabilité dans une école d’économie, en Afrique du Sud. Un début pas facile pour elle qui a réussi à tailler son chemin sur le roc.
Passionnée et disciplinée, Barbara fait ses preuves dans la musique grâce à ses œuvres vertigineuses. Elle est considérée comme l’une des plus belles voix féminines en Afrique.
C’est son deuxième album « Téti » qui la révèle au continent dans la chanson « Bibi Madeleine », en collaboration avec l’artiste Awilo Longomba.
Celle que Papa Wemba, de son vivant, avait baptisé « Triple Option », est classée parmi les nouvelles cantatrices de la génération montante qui assurent la relève de la rumba en RDC.
Barbara a amené un style propre à elle, qui fait sa particularité dans la musique congolaise. Le style « afro world – afro musique » est son point fort. Puisque son pays regorge une diversité de styles musicaux soutenus par plusieurs influences tribales, la Diva fait une musique qui veut fédérer tout le monde. En elle, on retrouve un mélange attrayant de plusieurs écoles des ancêtres de la rumba et du Soukous ou « Ndombolo », qui produisent une variété exceptionnelle. L’idéal pour Kanam est que toutes les générations de mélomanes puissent se retrouver dans ses œuvres.
Chanteuse romantique et engagée
Plébiscitée à plusieurs reprises « Meilleure chanteuse » par la presse nationale et internationale, elle défend non seulement son art mais aussi valorise la femme africaine à travers sa musique.
Au-delà de ses créations artistiques, la belle Kanam exploite et développe aussi des thèmes alléchants qui cadrent avec certaines réalités dans la société africaine.
Très prolixe, elle chante en français, swahili, lingala et anglais pour véhiculer des messages, conscientiser, réveiller les consciences et porter de l’espoir aux Congolais, à la jeunesse.
C’est sans contester l’une des chanteuses congolaises et africaines à la voix aussi belle que glamour. 15 ans de carrière, Barbara compte 5 albums à son actif. Ces dernières années, la diva a dompté les Kinois grâce à son tube « Zawadi » et aussi son humilité et respect vis-à-vis des mélomanes. Très ambitieuse, la star est propriétaire de son propre label « Kanam Music », qui a produit son dernier album en date, « Zawadi », dont la « danse du Président » fait rage sur terrain.
La confiance gagnée auprès du public congolais constitue une source de motivation pour travailler encore dur afin de maintenir son aura sur la scène kinoise. En effet, Barbara Kanam se prépare pour livrer deux soirées d’hommage à M’Pongo Love à Kinshasa, en RDC, et à Brazzaville afin de perpétuer la mémoire de cette illustre artiste disparue.
Très reconnaissante et beaucoup de respect envers les aînées dans l’Art, Kanam garde un agréable souvenir de M’Pongo Love qui restera un exemple et une référence. Elle va, à cette occasion, exhumer les anciennes chansons tirées de la doyenne Mpongo Love, qui a tracé le chemin que la Diva est en train de suivre.

JORDACHE

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